Food Hotspots: Gstaad vs. St.Moritz
Pizzeria Heuboden de la Chesa-Veglia, Saint-Moritz
Le pluriel de pizza? Belle matière à polémique! On s’accordera toutefois sur un point: celles qui sont servies dans cette belle maison ancienne, en plein cœur de Saint-Moritz-Dorf (mais avec service voiturier) sont vraiment très chouettes. D’ailleurs, il paraît qu’elles sont les plus chères de Suisse. Quoi qu’il en soit (et pour mettre les choses en perspective), pour un déjeuner à Saint- Moritz, la note restera dans la fourchette basse. Le glamour, on ne le facture pas. Du moins, pas noir sur blanc. Par conséquent, c’est également un endroit formidable pour s’adonner au «people watching». Réserver va de soi et s’avère indispensable, car les places sont rares.
Grand Hall du Badrutt’s Palace, Saint-Moritz
Nous sommes bien d’accord. C’est à cela qu’un palace et que le bar d’un palace doivent ressembler. Pour être de la partie – et quand bien même on ne serait pas du même monde – il convient de réserver une table, mettons, pour 17 heures, et de se vêtir en conséquence. Car à moins de résider à l’hôtel, la tenue de ski est une faute de goût notoire.
Restaurant Murtaröl, Plaun da Lej
La mer, certes, n’est pas devant la porte de ce restaurant constitué de cinq bâtisses, et situé à 15 kilomètres au sud-ouest de Saint-Moritz, sur la route menant au Col de la Maloja. Mais ce n’est pas un problème pour Antonio Walther, poissonnier, patron de cet établissement et seul restaurateur suisse autorisé à faire son marché (de poissons) à Milan. C’est à l’arrière du bâtiment principal, dans un vivier tout environné de glace et de neige (celles de l’Engadine, sinon éternelles, du moins persistantes), que l’on découvrira l’objet mythique de notre gourmande convoitise: des homards, dont le poids (trois kilos ? cinq, peut-être?) est aussi fabuleux que le prix que certains Russes ou Italiens auraient déboursé pour déguster ces monstrueuses merveilles (trois mille francs? à moins que ce ne soit cinq mille?). Des contes délicieux – à l’instar du déjeuner..
Le bar de l’hôtel Gstaad Palace, Gstaad
Au fait, qu’est-ce qu’un bar? Au sens littéral du terme, une «balustrade» derrière laquelle se tenaient les con- sommateurs. Au sens guré, un lieu où l’on se rend partant du principe que l’on connaîtra bien quelqu’un sur place – ou, à l’inverse, justement parce qu’on ne connaît personne – et, dans tous les cas, parce que l’on compte bien faire une rencontre. Un lieu aussi où l’on consomme de l’alcool, celui-ci proposé (dans le meilleur des cas) sous l’une de ses formes les plus agréables. Si vous trouvez tout cela trop compliqué, vous pouvez aussi prendre place derrière la «balustrade» – je veux dire au comptoir qui se trouve dans le hall du Palace – et commander un Gin Tonic (pourquoi pas du Tanqueray avec du Fever-Tree?). Histoire de voir qui est là, qui va, qui vient, et aussi tout ce qui se passe.
Le Bären, à Gsteig
Ce restaurant appartient à la famille Scherz, les propriétaires du Palace. Mon conseil: choisissez de prendre place dans la salle du fond et d’y commander de la viande que l’on fera griller pour vous sur les braises du feu ouvert. N’ayant pas omis de la réserver auparavant, vous redescendrez ensuite au village en calèche. C’est bien agréable. Le mieux serait alors de loger au Olden. Il y a une certaine chambre (à vrai dire, une junior suite) dans laquelle la baignoire est située juste en-dessous d’une «Skylight» – comprendre un velux.
Le restaurant du Club Eagle, à Wasserngrat
Réservé aux membres – exclusivement, à savoir: de nombreux Genevois, quelques Allemands et des Grecs. On ne peut pas dire que le contrôle, à l’entrée, soit vraiment strict. Du moins était-ce l’avis de la personne qui m’y avait xé rendez- vous et qui aurait jugé un journaliste incapable de feinter pour se glisser dans ce qu’il nommait une «tente» parfaitement indigne de sa compagnie à déjeuner. La vue est belle depuis la terrasse de ce qui est en fait, naturellement, un chalet. Plus belle que la nourriture n’est bonne. Et, pour autant que je puisse en juger, les gens qui n’étaient pas plus membres du club que moi et qui avaient pourtant réussi, blu ant, à en forcer l’entrée, me parurent autrement plus intéressants que les membres attirés. Quoi qu’il en soit, il ne se passa rien de bien extravagant. Mon rencart? Taki Theodoracopulos, plumitif et habitué de Gstaad. Depuis 50 ans.